Négociation commerciale
Un négociateur évite de dire « non » directement à son homologue asiatique et lui offre une porte de sortie qui préserve son prestige, condition de la poursuite des affaires.
🀄 Asie
Traditions d'Asie de l'Est
Traditions de Chine, du Japon et de Corée (guanxi, mianzi, nemawashi, ringi, nunchi, kibun…).
Détail complet dans la section « Origine & histoire » ci-dessous.
Le mianzi (面子), « la face », est le prestige social, l'honneur et la dignité d'une personne en Chine et en Asie de l'Est. En négociation, faire perdre la face à l'autre, le contredire publiquement, l'humilier, détruit tout ; lui donner de la face, le valoriser, le respecter, ouvre l'accord.
La notion de « face » a été analysée par le sociologue Erving Goffman dans les années 1950, mais elle est bien plus ancienne et centrale dans les cultures confucéennes, où le mianzi (prestige acquis) et le lian (intégrité morale) régissent les rapports sociaux. Dans la négociation asiatique, préserver la face de chacun n'est pas une politesse mais une nécessité : un accord qui fait perdre la face à une partie est un accord mort-né, même s'il est objectivement avantageux.
La technique consiste à toujours ménager la dignité de l'autre : ne jamais contredire ou refuser frontalement, offrir des sorties honorables, valoriser publiquement l'interlocuteur, formuler les désaccords avec délicatesse et en privé.
Application par contexte
Un négociateur évite de dire « non » directement à son homologue asiatique et lui offre une porte de sortie qui préserve son prestige, condition de la poursuite des affaires.
Une direction annonce une concession de façon à ce que les représentants puissent la présenter à leur base comme une victoire, préservant leur face.
Le médiateur veille à ce que chaque partie puisse céder sans paraître humiliée, en habillant les concessions d'une justification honorable.
Un accord diplomatique est formulé de manière à ce qu'aucun camp n'apparaisse comme le perdant devant son opinion.
Un acheteur formule ses réserves sur un bien avec tact, sans dévaloriser le vendeur attaché à sa propriété.
Dans un partage, on évite d'humilier publiquement un proche et on lui laisse une sortie digne, gage d'un accord accepté.
Respecter la face évite les ruptures d'ego, universelles mais décisives en Asie, et rend les accords acceptables et durables. Ses limites : cela impose retenue et détours qui peuvent paraître lents ou ambigus à un Occidental direct ; mal lu, un « oui » de politesse peut être pris pour un accord réel.
Vital dans les négociations avec l'Asie de l'Est, et précieux partout dès que l'ego et la dignité sont en jeu. Fondamental dans les négociations publiques ou médiatisées.
Nos accompagnements transforment la théorie en avantage concret.